Danse & parentalité

Dans leur action d’accompagnement des professionnel·x·les de la danse, l’AVDC – association vaudoise de danse contemporaine, les Rencontres professionnelles de danses – Genève et Action-Danse Fribourg souhaitent aborder la relation qu’entretiennent carrière d’artiste scénique et parentalité.

De quelle manière le choix d’avoir un enfant ou alors d’y renoncer impacte-t-il la trajectoire professionnelle, le corps à la fois physique et social ? Jusqu’où peut-on associer ses fonctions parentales et artistiques, comment composer avec ces rôles qui relèvent tous deux d’un soin important de natures toutefois autres ? Quelle sont enfin les mesures existantes ou à inventer capables de les harmoniser ?

aCTUALITÉ

Mercredi 12 juin | Genève, Pavillon de la danse/ADC 14h30-17h45
Workshop partage d’expérience & réflexion commune autour de bonnes pratiques* (14h30 – 16h00)
avec la collaboration active des participant·x·e·s, personnes ressources : Nadine Fuchs et Fabio Zoppeli, coordination : Barbara Yvelin et Marie-Elodie Greco.

*sur la base de l’atelier donné dans le cadre du Forum Danse 2023

Formation juridique (16h15 – 17h45)

– 10 clés pour comprendre le cadre légal entourant la parentalité dans le contexte professionnel, droits et devoirs des employeur·x·euse·s et salarié·x·e·s (entretien d’embauche, congé maternité/paternité, congé maladie, allaitement, etc…)

– étude de cas pratiques

– temps de questions/réponses

avec Marie Major, juriste titulaire du brevet d’avocate et membre du comité des RP danses – genève

 

mercredi 14 août | far° festival des arts vivants à Nyon
atelier de partage de pratiques avec Caroline de Cornière et Nina Langensand
« Arts scéniques et parentalité »

mardi 8 octobre | Lausanne
atelier sur la récupération psycho-physique

 

Toolkit by MOTHERING IN THE PERFORMING ARTS 

Une boîte à outils pour réduire les obstacles pour les parents et toute autre personne ayant des engagements en matière de soins tant du côté de la production que de l’accueil. Une série de suggestions pour une transformation des méthodes de production, des structures de financement et des salles de spectacle.

 

 

RETOUR Questionnaire

Vous avez été 108 professionnel·x·les en danse (10% d’hommes et 90% de femmes de trois régions linguistiques (69 francophones, 37 germanophones et 2 italophones) à répondre au sondage que nous* avons publié en juin dernier. Merci du temps que vous y avez consacré et merci à nos précieux partenaires-relais de diffusion.

L’étude des réponses apportées permet la mise en œuvre d’initiatives. Un travail de sensibilisation est par ailleurs déjà initié auprès des Cantons de Vaud et de Genève.

Ce sondage a aussi été transmis aux organismes professionnels du domaine de la musique, également intéressés à creuser ces questions.

*l’AVDC – association vaudoise de danse contemporaine, les Rencontres professionnelles de danses – Genève et Action–danse Fribourg.

 

 

portraits

Parallèlement au questionnaire, nous publions quelques interviews d’artistes chorégraphiques en lien avec la question de la parentalité. Les expériences et ressentis sont très différents selon les individus. Les propos recueillis ci-dessous ont pour but de rendre compte d’un vécu et d’initier la réflexion.

INTERVIEW N°5

Mamu TSHI
Danseuse, chorégraphe et professeure d’anglais ; un enfant né en 2023

Élue « danseuse de l’année » en 2020 et 2021 dans la discipline du Krump, Mamu Tshi a présenté depuis 2019 ses créations sur les plateaux des Théâtres Sévelin 36 et Arsenic, a participé à la tournée 2022 de Steps et a co-signé avec Faustin Linyekula la pièce Mamu Tshi, Portrait pour Amandine en mai 2023. Elle enseigne par ailleurs au Secondaire II et s’engage dans la transmission de la culture Krump au sein de différents collectifs. En début d’année 2023, elle a donné naissance à Zayi et explore son nouveau rapport à ce qui est important et ce qu’il est possible de faire.

AVDC Quelles sont les principales modifications que tu as observées sur le plan physique avec la grossesse, l’accouchement, l’allaitement… ?

M.T. J’ai fait le choix de continuer à danser jusqu’à six mois de grossesse et notre victoire au championnat du monde avec l’équipe suisse de Krump. Quand j’ai été enceinte, l’aventure et les répétitions étaient déjà engagées. On a décidé d’adapter plutôt que de me remplacer. Je faisais partie de l’équipe, tout le monde se souciait de moi et de ma santé. On s’est dit que tout se passerait bien. J’avais envie d’aller au bout de l’expérience sans mettre l’enfant en danger bien sûr. Ça nous a plutôt donné des idées. On a utilisé nos forces et nos faiblesses. J’ai adapté ma danse à mon corps qui évoluait. Il s’agissait de ne plus m’attacher à ce que je pouvais faire avant, mais d’être plutôt reconnaissante de ce que je pouvais encore faire. En comparaison avec les grossesses de beaucoup de mes connaissances, la présence de mon fils dans mon ventre ne m’a pas beaucoup perturbée en termes de nausée, de sommeil. Je ne pouvais pas pousser aussi loin et ne pouvais pas sauter aussi haut mais j’ai eu accès à mon corps plus ou moins comme avant. Il y avait juste l’énergie qu’on partageait tous les deux. Je pense que j’ai pris autrement conscience de mes limites, davantage dans l’écoute que dans l’esprit de compétition. Maintenant que j’ai accouché, c’est avec ça que je fonctionne.

C’était un choix, un parti pris qu’on a réfléchi ensemble avec mon mari. L’enfant que je portais était aussi le sien. Je ne voulais pas prendre la décision pour nous deux. Lui avait confiance dans le fait que je connaissais mon corps. C’est moi qui suis à l’intérieur de mon corps. Tout le travail réalisé avant la grossesse devait aussi le préparer à pouvoir danser comme je danse. La grossesse n’a pas tout annulé. Il y a quand même quelque chose qui est resté. Il fallait juste penser à protéger toute cette partie du corps. Faire deux choses en même temps : danser et protéger un être en train de grandir.

Maintenant, ce n’est plus à l’être en train de grandir mais au corps qu’il faut permettre de réparer ce qui a été bougé. Ça peut prendre une année avant que les effets de l’accouchement disparaissent. C’est un autre corps. Il faut accepter que c’est un autre corps. Niveau récupération, j’ai l’impression qu’on sent vraiment au début que des choses sont en train de guérir à l’intérieur et qu’il faut se mettre un peu sur « pause ». Ça ne sert à rien de forcer parce qu’on va se faire mal. Je pense être dans une phase où j’ai accès à un nouveau corps, qu’il me faut me demander ce qu’il est et apprendre à connaître ses nouvelles limites.

AVDC Et sur le plan identitaire ?

M.T. Mamu Tshi est le pseudonyme que je me suis donné il y a sept ans, à l’âge de 25 ans. Petit à petit, il s’est installé. Maintenant tout le monde l’utilise et le préfère même à Amandine. « Mamu » signifie « maman ». C’est déjà une revendication d’un nouveau statut. Dans nos cultures – les cultures bantoues –, quand on devient tante, on est déjà maman. La petite maman de quelqu’un. On est enfant et, à un moment donné, on devient maman, qu’on ait accouché d’un enfant ou pas, parce que nos sœurs ont accouché. Il me semble donc que ce cheminement identitaire vers la maternité a commencé plus tôt. Il y a désormais une personne physique concrète qui me le rappelle constamment, mais c’était déjà là. Par rapport à la danse, j’ai l’impression que mon identité de danseuse-maman ajoute la responsabilité de garder cet espace d’expression dans le paysage de Zayi, mon fils qui grandit. Il faut qu’il soit clair pour lui que j’en ai besoin et qu’il puisse me voir danseuse, pas uniquement maman.

AVDC Du point de vue organisationnel, comment s’est passée cette première expérience de création au sortir de trois mois de congé maternité ?

M.T. La création de Mamu Tshi. Portrait pour Amandine a effectivement eu lieu juste après mon accouchement. On a maintenu le calendrier le plus possible et on l’a adapté parfois. On a mis en place des horaires qui me permettaient d’être avec mon fils au moins jusqu’à 9h30. Je faisais tous les réveils et pouvais l’apprêter pour sa journée. Je revenais le soir avant le coucher et passais le week-end avec lui. Faustin [Linyekula, chorégraphe du spectacle] a eu une vie de famille d’artiste qui voyage avec les enfants « sous le bras ». Il était totalement envisageable pour lui de travailler comme ça, avec la vie et pas contre. La perspective que cela ne dure qu’un mois m’a permis d’accepter de retravailler trois mois après la naissance de mon fils. Ensuite de quoi, j’aurais du temps avec lui. La situation a donné la possibilité à Zayi d’être avec sa grand-mère. Il était content d’être avec elle, une figure maternelle qui a d’autres façons de parler avec lui, de lui chanter des chansons.

Éducateur de la petite enfance, mon mari a eu un congé paternité d’un mois. Il a aussi pu être présent. Quand on partira en tournée à Paris, il viendra de sorte que Zayi puisse être avec nous. C’est un projet de famille, finalement, le fait que je danse. On discute de toutes les décisions qui vont avoir un impact sur le couple, la famille. On regarde ce qui est possible et on le fait. Je veux réinscrire ce qui est important pour moi et ce qui est possible ; et non pas chercher à faire l’impossible parce que c’est important.

AVDC À côté du corps physique, que dit le corps social ?

M.T. Je suis danseuse et enseignante au Secondaire II. La danse a toujours été ma bulle de respiration à côté de tout le reste, sans réelle ambition de parcourir le monde. C’était un espace où je travaillais pour moi d’abord, pour me recentrer. Toutes les opportunités qu’on me donne aujourd’hui sont des cadeaux de la vie. L’enseignement est aussi une passion. J’aime partager la culture anglaise et américaine. L’an dernier, lors de la tournée d’un mois avec Steps, j’ai atteint la limite de ce qui était compatible entre ces deux passions. C’était assez violent de passer de l’une à l’autre. On peut aller loin physiquement mais on n’a plus de plaisir. On est là à moitié. Quand il s’agit de passions, être à moitié quelque part n’est jamais bon. Maintenant, avec un enfant, j’ai du mal à envisager de mettre la famille sur « pause » pendant un mois. Enfin, on verra.

Au niveau du ressenti, je dois dealer avec mes choix, celui de m’éloigner par moments de mon enfant en l’occurrence. Si je ne suis pas confortable avec mon choix, je réagirai mal à la première remarque qu’on pourrait m’adresser. Je pense qu’on n’est jamais réellement à l’aise à 100% avec ce type de choix. Il y a toujours une partie de nous qui se dit qu’on aurait dû rester à la maison. À mon avis, devenir maman est une nouvelle priorité. Dans chaque choix, il y aura un bénéfice et un coût. Il faut juste être ok de vivre avec ça.

Je trouve aussi intéressant de voyager avec son enfant alors qu’il est très jeune. C’est l’école de la vie. Dans la mesure du possible, je préfèrerais voyager avec lui plutôt que de partir sans, accompagnée de son père ou d’une nounou, ou encore, selon où, secondée par la famille sur place. Au retour des répétitions, le voir m’apaise et me repose. Ce n’est pas de tout repos mais ça recentre.

AVDC Qu’est-ce qui génère parfois des difficultés et qu’est-ce qui pourrait permettre de les dépasser ?

M.T. Le gros souci des parents artistes sont les solutions de garde. Je trouve nécessaire de trouver un système pour ne plus avoir à se poser la question. Une crèche des théâtres, à l’image des crèches prioritaires pour les employé·x·es de l’État de Vaud ? Ce type de solutions permet d’avoir vraiment le choix, sans contraintes. Tout le monde n’a pas la chance d’être entouré·x·e par sa famille. Nous, on dit « pour élever un enfant, il faut un village ». Quand on essaie de faire à deux le travail de 25 personnes, c’est lourd. C’est très lourd de devenir parent quand on est isolé·x·e. Un pays qui se dit libre doit pouvoir proposer des choix équivalents. Si le choix d’avoir un enfant signifie ne plus jamais travailler, renier sa vie et renoncer à sa passion, ce n’est pas réellement un choix et ça devient une contrainte. Pour moi, le sacrifice se pose parfois mais n’est pas nécessaire.

Propos recueillis par Anne-Laure Sahy

INTERVIEW N°2

Nicole SEILER
Chorégraphe de la Cie Nicole Seiler depuis 2002 ; sans enfant

Née en 1970 à Zürich, Nicole Seiler se forme en danse et en théâtre à la Scuola Teatro Dimitri à Verscio (CH), à la Vlaamse Dansacademie à Bruges (BE), et à Rudra Béjart à Lausanne (CH). Après une carrière d’interprète, Nicole Seiler crée sa propre compagnie en 2002 et, depuis 2004, rencontre une diffusion internationale. Nicole Seiler a créé une trentaine de spectacles à ce jour et a su s’imposer comme une figure incontournable de la scène suisse de danse contemporaine. Si elle-même n’a pas d’enfant, elle est souvent amenée à travailler avec des collaborateur·x·rices parents.

AVDC Ton travail occupe une place très importante dans ta vie. Comment s’articulent pour toi les sphères privées et professionnelles ?

N.S. La plupart de mes ami·x·es sont des personnes avec qui je travaille. Ma vie privée et ma vie professionnelle forment un même corpus. Il m’est arrivé de penser que je n’avais pas de vie, pas de « vrais » ami·x·es, avant de réaliser ma chance de pouvoir considérer que mon boulot c’était ma vie. Que je ne devais pas aller bosser pour ensuite pouvoir vivre. J’ai alors arrêté de me dire que c’était un problème.

Je dis souvent à mes ami·x·es parents que, n’ayant pas d’enfants, je suis d’autant plus dans la bulle du « milieu ». Quand tu as des enfants, au moins, tu es un peu confrontée aux institutions de l’école, aux parents des ami·x·es de tes enfants. Moi, je n’ai pas tout ça. Je ne suis vraiment que dans ma bulle. Et je l’adore.

AVDC Est-ce que la question d’avoir ou non un enfant s’est posée pour toi et, si oui, comment ?

N.S. Pendant très longtemps la question d’avoir un enfant ne s’est pas posée du tout. J’ai toujours dit « oui, je veux des enfants, mais plus tard ». À un moment donné, proche de la quarantaine, c’est devenu un choix. Jusqu’à cet âge-là, c’était plutôt un non-choix. Après j’ai choisi. J’ai choisi de rester avec mon partenaire de l’époque et de ne pas faire d’enfants. Ensuite, la question ne s’est plus posée. Et je suis très heureuse.

Il faut dire aussi que je ne viens pas d’un milieu ou d’une famille où l’on m’a mis la pression. Je n’ai jamais eu l’impression que, en tant que femme, je devrais être mère. Je me suis sentie libre de faire comme je voulais, avec ou sans enfants. Je n’ai jamais eu l’impression de ne pas être une vraie femme ou de devoir quelque chose à la société ou à la famille.

Ma profession demande beaucoup d’investissement, de temps et de disponibilité. Si j’avais été maman, il aurait évidemment fallu changer un peu ma manière de vivre mon métier. Or je suis profondément comblée et satisfaite par ce que je fais. Je n’avais pas besoin de trouver un sens à ma vie en fondant une famille, par exemple. Si j’avais fait la séparation entre mon travail et ma vie, peut-être que j’aurais fait un enfant. Peut-être. Peut-être pas. Peut-être que j’aurais eu des chevaux dans une ferme. Qui sait.

Là, je travaille parfois jusqu’à soixante heures par semaine. Ce métier n’est pas toujours facile, mais je suis nourrie, remplie et satisfaite. Nourrie surtout. Mon métier me nourrit de sens. J’ai toute la place, je lui laisse toute la place. Si j’avais fait des enfants, j’aurais trouvé un autre arrangement et me serais organisée différemment. Ce sont des choix de vie que tu fais.

Parfois, je me dis que s’il y avait une chose à regretter – si on peut parler de « regret » –, ce serait ce lien émotionnel, très intime, très particulier que je n’aurai jamais connu. S’il y a un désavantage à ne pas avoir d’enfant, ce serait peut-être celui-là. Ce lien, cette chose très émotionnelle et très liée à l’intime. Ce lien humain, en fait.

AVDC En tant que directrice artistique d’une structure employeuse, d’une compagnie qui créée et tourne à l’international régulièrement, tu es amenée à collaborer avec des parents. Comment cela se passe-t-il ?

N.S. Dans ma position d’employeuse, j’ai eu à une époque beaucoup de mes collaborateur·x·ices qui avaient des enfants en bas âge. On a donc aligné les horaires de répétition sur ceux des crèches. On commençait plus tôt et on finissait un peu plus tôt. Après, ce sont des métiers où l’on doit être disponible, pour partir en tournée par exemple.

Parfois, des enfants sont venus en tournée, bien sûr. Et ça ne m’a jamais dérangée d’avoir un enfant en répétition par exemple. Je suis même partie une fois en tournée avec une maman technicienne et son bébé nouveau-né. Quand elle donnait le sein, son mari qui l’accompagnait prenait le relais au montage technique. Une autre fois, une danseuse devait reprendre un rôle, puis elle est tombée enceinte. Son rôle impliquait de se jeter par terre de nombreuses fois. Malheureusement il n’était pas possible de changer cette partie, ni pour la pièce ni pour le rôle. Parfois c’est possible d’adapter une scène, parfois pas.

Une fois, en tournée, une maman dont le fils est tombé malade a dû faire un aller-retour. Elle a beaucoup pris sur elle pour ne pas impacter le travail. Une autre fois, pour la même raison, un papa a fait un voyage pendant la nuit pour être de retour pour le spectacle. Je dirais que les personnes qui font ce métier sont prêtes à beaucoup investir. Souvent, ce n’est même pas l’employeur·x·se qui l’exige mais l’employé·x·e. Il y a peut-être quelque chose de cet ordre-là. Ce n’est pas juste un métier, c’est aussi une passion. Sinon, on ferait autre chose.

Je crois que, pendant longtemps, mon choix de ne pas avoir d’enfant était plus intuitif que réfléchi et clair. J’ai une copine qui dit « choisir, c’est aussi laisser choir ». Tu ne peux pas tout faire ou tout avoir. On pèse le pour et le contre avant une décision. Je pense que si on s’écoute profondément, si le choix est juste, le reste va suivre. Je pense que la vie est bien faite en fait.

Propos recueillis par Anne-Laure Sahy

INTERVIEW N°1

Laurence YADI & Nicolas CANTILLON
2 enfants né·e·s en 2015 Co-chorégraphes de la Cie 7273 depuis 2003

Pour Laurence Yadi et Nicolas Cantillon, qui viennent de fêter les vingt ans de leur compagnie, l’adaptation à la vie professionnelle une fois les enfants nés s’est faite naturellement et sans heurt. Aujourd’hui séparés côté vie privée, Laurence et Nicolas partagent une vie familiale forte à travers leur travail de co-chorégraphes. Ils notent un changement de mentalité dans la société vis-à-vis de l’intégration des enfants dans la sphère professionnelle, même si une amélioration reste souhaitable.

réalisé par les RP danses – Genève

INTERVIEW N°3

Manuela BERNASCONI
4 enfants né·e·s en 2012, 2013, 2018, 2023 danseuse et chorégraphe

Pour Manuela, avoir des enfants ou pratiquer la danse à un niveau professionnel n’a jamais été un choix d’exclusion. Être présente aux événements culturels afin d’améliorer son réseau s’est révélé difficile, de même que la précarité vécue par vagues dans le métier. Elle s’est dédiée à la création personnelle et en collaboration avec son partenaire, incluant les enfants dans les processus.

réalisé par Action-Danse Fribourg

INTERVIEW N°4

Marthe KRUMMENACHER
Danseuse interprète free-lance ; une enfant née en 2011

Pour Marthe, l’arrivée de sa fille a majoritairement provoqué des changements d’ordre organisationnel, notamment à travers la mise en place d’un réseau de soutien familial fort. Elle évoque les choix de carrière qu’elle a fait depuis lors, en corrélation avec les besoins de son enfant. Elle regrette une sensation d’isolement qu’elle a pu vivre et salue donc l’initiative de ce partage d’expérience permettant, selon elle, d’envisager de manière plus concrète les implications de la conjugaison de vie professionnelle et vie parentale.

réalisé par les RP danses – Genève

INTERVIEW N°6

Antonio BÜHLER
Danseur et chorégraphe retraité de la cie DA MOTUS! ; deux enfants né·e·s en 1984 et 1991

« On peut dire que l’arrivée du premier enfant a été un tremblement de terre, un grand évènement qui nous a bousculés dans nos projets, mais qui nous a appris à devoir s’arranger et à être créatif·ve·s – conditions essentielles pour une vie d’artiste ! Avoir un enfant nous a finalement beaucoup motivé·e·s et inspiré·e·s. Pour pouvoir travailler ensemble, nous avons donc fondé notre compagnie. »

réalisé par Action-Danse Fribourg